Tunisie : une révolution en marche

Edito du "Monde" : A Tunis, l'espoir d'une transition démocratique
Edito du "Monde" : A Tunis, l'espoir d'une transition démocratique

Pierre HASKI (co-fondateur de Rue89, site d'information et de débat participatif) disait sur I>Télé, le 15 janvier 2011 : "nous avons eu un manque d'empathie vis à vis de ce qui se passe en Tunisie", "nous nous sommes trop appuyés sur un pion en Méditerranée (...) pas assez du côté du peuple". 

A peu près au même moment, à Tours lors du Congrès du Front National, Bruno GOLLNISCH regrettait que la France n'ait pas accordé l'asile à BEN ALI. Puis, le FN met en avant la laïcité et le classement "côté républicain" de Marine Le PEN. Depuis quand le Front National (pas plus light aujourd'hui qu'hier), et ses partisans, donnent-ils des leçons de laïcité ? Certains sont toujours prêt à mettre un peu d'huile sur le feu...

 

 

Ce qui se produit sous nos yeux, dans un pays ami et avec lequel nous avons des liens forts, est un moment de grande ampleur. Mais ce que nous vivons étonne autant que séduit les opinions.

Un peuple, faisant partie de ceux dont on peut se sentir "culturellement et organisationnellement" le plus proche, se révèle aux yeux de beaucoup être bien différent de l'image qui était ancrée dans les mémoires encyclopédiques. L'émotion d'une dictature et de musellements dont s'affranchissent les tunisiens est en passe de rejoindre la colère envers une nation telle que la nôtre qui a gardé le silence sur ce qu'elle a pu voir. Et derrière ce silence sont présumés des intérêts dont les desseins peuvent laisser perplexes. Et si le peuple tunisien avait été délaissé par les peuples européens au profit d'arrangements nécessaires avec les dirigeants de Tunis ?

 

La France, par ses voix et voies officielles, doit se montrer solidaire de la Tunisie qui en passe de renaitre. A l'instar de la position du Parti Socialiste et d'autres organisations, qu'elles soient syndicales, associatives, philanthropiques, défenseurs des Droits de l'Homme et des des Libertés, la France, consciente de ses racines et de son Histoire, doit aller dans ce sens. Nous ne pouvons donc que regretter le silence, parfois déchiré par les propositions étranges de soutiens de type policiers pour canaliser ce peuple dont nous louons le courage, et pour lequel nous tremblons lorsque les dérapages ont lieu.

 

En moins d'une semaine, la Tunisie aura connu des soulèvements et des prises de conscience, de très regrettables disparus, des martyrs, 3 présidents dont un en fuite,... Il lui faudra pourtant plusieurs mois (si ce n'est plus) pour reconstruire un système où l'opposition a perdu la fluidité de sa parole, où l'information (et l'accès à celle-ci) a été freinée, où la magistrature et la sécurité ont été détournées... Alors plus que jamais, les forces vives / humaines / politiques se doivent d'être aux côtés de la Tunisie, pour qu'au XXIème siècle, le mot "révolution" ne rime pas avec "danger" ou pire encore "sang". En clin d'oeil à l'Edito du journal Le Monde, espérons que ce "miracle tunisien" aura bien lieu, dans un esprit de tolérance, de sagesse et par la démocratie.

 

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